Pour que ce blog représente véritablement le chaos qui survient dans ma tête ces jours-ci, il faut que j'affiche des pages en français, de temps en temps. J'ai tellement a vous raconter, et je trouve que l'anglais ne me suffit pas.
Il fait beau et chaud ici, ce qui fait véritablement plaisir après les éternels vents et crachats pluvieux de Dublin. Je me suis balade hier soir dans le centre de Montréal, histoire d'habituer mon corps au temps local. Je m'étais permis trop de sommeil jusqu'ici.
Je me promène donc sur la rue Ste Catherine, et je tombe sur le festival du cinéma mondial; le film principal de chaque soirée est projeté sur un écran géant en plein centre ville.
Donc, d'apres le programme, le film etait:
LA NUIT AMÉRICAINE / DAY FOR
NIGHT
France 1973 / 116 min / Fr. STA
Réal.: François Truffaut. Int.: Jacqueline
Bisset, Jean-Pierre Léaud, Alexandra Stewart.
Splendeurs et misères d’une équipe de tournage aux studios
de la Victorine à Nice, le temps de la conception
d’un film.
Funny, touching tale of a motion picture director
(Truffaut) and his problems in trying to film a silly love
story. A loving look into the intricacies of filmmaking.
En plein essor du cinema dans les années '60, ce film satirise la vie du cinéma, les petits drames des acteurs, l'incontrôlable machine du film qui avance en dépit des vies de tous ceux qui y participent... On était des milliers de spectateurs assis sur la Place Desjardins, à regarder ce film, et seulement la moitie devait être francophone, à en juger par les réactions. Ça faisait vraiment bizarre de regarder autour de soi, et de voir les sourires confus des Indiens qui cherchaient à comprendre la blague, avec 6 secondes de retard sur le public francophone.
Donc le Québec se veut une société bilingue, mais je ne vois pas ça partout. Le 'Montréal Gazette' de Mardi affichait cet article:
http://>www.canada.com/montrealgazette/news/editorial/story.html?id=492f2936-7eaf-45fa-8b35-776a1c92134d&p=2
qui déplore les discriminations qui ont découle de cette loi, interdisant presque l'anglais sur les affiches publiques, les pancartes, les enseignes... Plusieurs familles se pressentent actuellement en justice pour combattre l'interdiction de faire éduquer leurs enfants dans les écoles anglophones, après qu'ils sont passe par un établissement prive. On ne peut que se poser la question; a quel prix s'est fait, et se fait encore, le Québec francophone.
En tous cas, j'y suis heureux. Je peux commander un fish-and-chips dans un restaurant du Plateau Mont-Royal, et on m'amène un 'Feeshondechips' bien français. Pourquoi pas. Mon identité bordellique, mélangeant l'anglophone, le francophone et un voyageur incorrigible est complètement à l'aise dans cette ville bouillonnant de couleurs et d'accents. De langues entremêlées, presque créoles, qui amènent le sourire. Je ne peux pas m'empêcher d'adorer les jeux de mots des magasins, qui cherchent à intégrer des mots français dans un titre ou une phrase anglaise... Je ne vais pas me plaindre!

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